Classe A — solides
Salle, réserve, bureau, caveBois, papier, cartons, textiles. C'est l'extincteur polyvalent, à eau pulvérisée avec additif, celui qu'on trouve partout dans la partie accueil.
Un bar ou un restaurant reçoit du public : il relève à ce titre de règles de sécurité incendie, et son assureur les regarde de près. Après un sinistre, trois documents sont demandés presque systématiquement — la vérification des extincteurs, le contrôle de l'installation électrique, et le dégraissage des conduits.
Cette page traite du premier, et de ce qui l'entoure : combien d'extincteurs, lesquels, où, et ce qui rend leur présence réellement utile.
La règle de dimensionnement la plus couramment appliquée est simple : un extincteur portatif d'au moins 6 litres pour 200 m² de surface, avec au minimum un appareil par niveau. Un établissement de 150 m² sur deux niveaux n'en a donc pas un, mais deux.
Ce calcul donne un plancher, pas une réponse. Il s'y ajoute au minimum un extincteur adapté aux risques particuliers de votre lieu : la cuisson à l'huile, le tableau électrique, la chaufferie, le local de stockage. C'est l'objet du tableau ci-dessous, et c'est là que se trouvent les vrais manques.
Bois, papier, cartons, textiles. C'est l'extincteur polyvalent, à eau pulvérisée avec additif, celui qu'on trouve partout dans la partie accueil.
Alcools, solvants, hydrocarbures. Un bar qui stocke des spiritueux en quantité est concerné, et la plupart des extincteurs à eau avec additif couvrent aussi cette classe.
C'est le point qui manque le plus souvent. Un feu d'huile ne s'éteint ni à l'eau — qui projette l'huile enflammée — ni avec un extincteur ordinaire. Il faut un appareil spécifiquement classé F, ou une couverture anti-feu à portée de main.
Le dioxyde de carbone est l'agent habituel : il n'endommage pas le matériel et ne conduit pas l'électricité. Un extincteur à eau devant un tableau est un contresens dangereux.
Le feu de friteuse est le départ de feu le plus fréquent en cuisine, et c'est aussi celui qu'on aggrave le plus vite avec le mauvais geste. Une couverture anti-feu à moins de deux pas du poste de cuisson coûte quelques dizaines d'euros et règle la majorité des départs, à condition que l'équipe sache où elle est.
L'usage constant, et ce que réclament les assureurs, est une vérification annuelle par un prestataire compétent, avec une étiquette de suivi apposée sur chaque appareil et un rapport remis à l'établissement. Les appareils sous pression font en outre l'objet d'une révision approfondie au bout d'une dizaine d'années, que les prestataires programment eux-mêmes — à condition qu'on leur laisse le contrat.
Deux réflexes concrets le jour du passage. Le premier : récupérer le rapport avant que le technicien reparte, et le classer immédiatement — c'est ce papier, pas l'étiquette sur l'appareil, qui sera demandé. Le second : vérifier que le nombre d'appareils vérifiés correspond au nombre d'appareils installés. Un extincteur oublié dans une réserve, jamais contrôlé depuis six ans, est une situation banale.
Entre deux passages, un coup d'œil mensuel suffit : appareil présent, accessible, plombage intact, aiguille du manomètre dans la zone verte.
Un feu d'huile de cuisson ne s'éteint ni à l'eau ni au CO2 : l'eau provoque une projection d'huile enflammée, et le CO2 souffle la flamme sans refroidir le bain, qui se rallume. Les extincteurs classe F (norme NF EN 3-7) contiennent un agent qui saponifie l'huile en surface et la refroidit.
Dès qu'il y a une friteuse ou une plancha qui travaille beaucoup de gras, placez-en un à portée du poste de cuisson, avec la couverture anti-feu. Il entre dans la vérification annuelle comme les autres.
Un restaurant est un établissement recevant du public de type N. Dans la grande majorité des cas (5e catégorie, moins de 200 personnes), l'équipement d'alarme attendu est un équipement de type 4 : des déclencheurs manuels et un signal sonore audible dans tout l'établissement. Les catégories supérieures relèvent d'équipements plus lourds, fixés par la commission de sécurité.
Dans les deux cas, trois choses sont regardées : l'alarme fonctionne (essai périodique noté au registre de sécurité), elle est vérifiée chaque année par un technicien compétent qui laisse un rapport, et l'équipe sait la déclencher. Votre arrêté d'ouverture ou le dernier procès-verbal de la commission précisent ce qui vaut pour votre établissement : c'est lui qui fait foi.
L'extincteur n'est qu'une pièce. Les autres points regardés en visite, et à consigner au registre :
La question n'est pas de savoir si vous aviez des extincteurs : c'est de pouvoir montrer qu'ils étaient vérifiés à la date du sinistre. Sans rapport daté, la discussion sur la prise en charge s'ouvre, et elle s'ouvre au pire moment — quand l'établissement est fermé et que les charges continuent de courir.
Relisez votre contrat sur ce point précis : certaines polices imposent des périodicités ou des équipements plus stricts que la pratique courante, et c'est le contrat qui s'applique.
Toutes ces vérifications se consignent au registre de sécurité, et prennent place dans la liste complète des entretiens et contrôles d'un établissement.
Les règles de dimensionnement et de périodicité décrites ici sont les usages courants. Les obligations exactes dépendent de la catégorie et du type de votre établissement recevant du public, des prescriptions de la commission de sécurité et de votre contrat d'assurance : faites confirmer ce qui s'applique chez vous.
Carnet de bord CHR
Contrôles, entretiens et contrats réunis au même endroit. Photographiez le rapport du technicien : l'échéance suivante se calcule seule, et un e-mail vous prévient avant.